mercredi 14 septembre 2011

Je me suis fait du mal

J'écoute Mano en boucle et je n'arrive pas à retenir ces putain de larmes et la bête qui me dévore les trippes.
Je me suis battue pour la contrôler ces dernières années parce que tu étais là, parce que tu avais réussi à l'apprivoiser, ou au moins la faire taire, prendre le dessus sur elle, sur moi.
Je n'ai aucun mot pour décrire ce que je ressens actuellement, ce sentiment d'abandon, ce gouffre dans ma poitrine, l'impression de hurler seule dans le noir, à m'en déchirer la voix parce que finalement, tu ne les entends pas, tu refuses de les écouter ces putains d'hurlements.Incapable de voir que sous cette fierté de mort, y'avait un putain de coeur brisé qui avait recommencé à battre, pour toi, pour ta putain de gueule d'écorché vif, pour ce putain de poète de la rue qui me tenais plus chaud  une nuit d'hiver sous la neige contre son corps qu'une cheminée dans une putain de barraque, parce que j'avais choisi le RIEN pour avoir TOUT avec toi, l'illusion d'un TOUT qui finalement me trainais vers le NEANT.
J'ai résisté pour toi,pour moi, mais surtout pour nous deux mais finalement  tu as choisi, et je ferai de même, j'ai fait de même, je repars avec elle, parce que je sais qu'elle ne partira pas, j'aimerai en crever d'amour avec elle, une premiere vraies nuit d'amour poussée à son paroxysme et que mon coeur en explose pour qu'au petit matin on nous retrouve enlacées, froides et cristallisées dans ce lit vide de toi, vide de nous, de nos rires..
La douleur du corps n'est rien à côté de celle de ce putain de coeur.FB avait  trouvé ce qui résumait parfaitement ma manière de vivre et de penser "le bonheur n'existe pas. l'amour est impossible. rien n'est grave".Je le regrette presque mon cynisme à présent, à te rire au nez quand tu me disais que tu m'"Aimais", parce que tout ça me semblait tellement désuet, tellement absurde, comme de l'acide qui serpentait jusque dans mes tympans pour couler jusque dans mon coeur, ces trois mots que je vivais comme une insulte.Je me revois encore te rire au nez, à lacher que c'était "putain de niais et vomitif de mignonnerie" mais bordel t'imagine même pas comme j'ai envie de les entendre encore ces trois mots, de me dire que finalement c'était vrai, pour le temps que ça aura duré.
Je n'ai jamais autant souffert que ces années avec toi, j'ai vécu en trois ans ce qu'aucune femme ne vivra jamais en une vie, et heureusement d'ailleurs.Je dois être vraiment putain de de maso faut croire.

"C'est pour ça que tu m'Aimes"... je les entends encore ces mots avec ton sourire de gosse, tes yeux qui pétillents et tes éclats de rire, content de ta connerie, à chaque reproche que je te faisais tu me les sortais ces putains de mots, tout fier de pouvoir m'énerver parce que "t'es mignonne quand tu fais la gueule".Et moi à ruminer, à me demander pourquoi je t'Aime d'ailleurs, pourquoi AUTANT?!Et tu sais quoi? je ne sais pas pourquoi, pourquoi TOI plus qu'un autre..
POURQUOI je t'ai choisi TOI plutôt que la facilité comme toute personne dite normale devrait faire, ferait de toute manière naturellement.Je me suis oubliée dans cette histoire, pour toi, pour nous, pour ne penser qu'à NOUS.
Si je reprend les mots de mano j'ai "massacré mes amis, ouvert la porte à mes ennemis"..J'ai tout laché pour Nous,amis, famille, travail, vie.J'ai fréquenté des gens que je detestais du plus profond de mon âme, que je vomissais, tout ça pour Nous, j'ai découvert un monde que je fuyais qui au final est devenu le mien, le Nôtre.J'ai tout perdu, même Moi..et tu me reproche d'être égoïste et ne penser qu'à ma putain de gueule? mais BORDEL DE MERDE regarde moi au moins une fois dans les yeux, toi qui me reproche de ne JAMAIS croiser mon regard, que j'évite le tien, que tu ne sais jamais à quoi je pense et que lorsque tu croise enfin mes yeux tu n'y vois que mépris et haine, pire que si je te crachais au visage mais putain...mes yeux c'est tout ce qu'il me reste, et même eux j'arrive à les faire mentir, même si parfois certains y voient le desespoir quand ils croisent mon regard.Je ne veux pas que tu vois ça de moi et je préfère garder les yeux au sol durant "tes crises".Tu me reproches cynisme, ironie,sarcasme,froideur et âme de connard, en me disant que c'est aussi pour ça que tu m'Aimes, mais nous en sommes arrivés à nous Aimer autant que nous nous Haïssons Je crève, je souris, je sors, j'essaie de faire comme si tu étais toujours là, les autres me demandent pourquoi je suis là et pas toi, parce que l'inverse étant probable, moi sans toi est une chose impossible aux yeux des gens, c'est un tout, c'est pas Marine et Eddy, c'est Nous:Eux.Tu le dis toi même, "séparés on n'est juste le monogorno d'un tout, alors qu'ensembles, on est un Bigorno.Séparés, on en crève". c'est putain de niais et là encore je regrette mon cynisme...on  avait NOTRE language que personne en comprenait, pas besoin de parler pour se comprendre, un seul pouvait s'exprimer pour deux et de toute manière TU parlais pour nous, largement assez pour deux, pour qu'au final je m'efface et ne devienne que cette petite nana calme, posée,patiente qui ne parle jamais.Tout ce que je ne suis pas à la base..
Je ne dors plus les nuits sans sentir ta peau contre la mienne, sentir ton souffle dans ma nuque, sur ma peau, ta main contre mon sein, mon ventre, à te cramponner de peur que je ne disparaisse, me serrer si fort que j'en ai mal mais ne bouge même pas, de peur de te reveiller, de perdre ces instants, mal de ne plus pouvoir te regarder dormir,mal à m'en arracher les yeux,juste parce que l'absence fait trop mal, quel interrêt d'avoir ces putains d'organes si c'est pour qu'ils soient privés de la vue de l'être Aimé?, Quel interrêt d'avoir un putain de coeur pour qu'il soit arraché, et ne batte plus que de manière mécanique pour que je ne m'écroule pas sans vie dans l'instant? Parce que la vie, bien qu'il ne restait plus grand chose, t'avais réussi à la réanimer cette flamme en moi, et là t'as tout repris, claqué la porte et tu t'es barré avec la clef..ces portes que tu m'avais ouvertes tu les a vérouillées aussi, sans vraiment m'expliquer comment je pouvais les garder ouvertes ou même en comprendre le fonctionnement...

A tes côtés je vivais, au lieu de me contenter d'exister comme je l'avais toujours fait.Exister est encore un mot trop fort pour ça, j'ai toujours tenté de survivre, c'est ça ouais, de manière différente, bien différente de toi qui te bas chaque jour pour cette survie mais je survivais sans toi et je vais devoir réapprendre tout ça, même si je suis encore à un stade ou je me dis que tu vas revenir sur tes mots, que tout ça n'est qu'un putain de cauchemard, une engueulade de plus sans que j'ai pû placer un seul mot, mais tout au fond, je l'entend qui me dit que c'est une opportunité pour moi de me relever de cette merde et aller de l'avant, m'en sortir plutôt que me complaire dans ce rien que je pensais un tout.
Elle m'appelle, je la sens, mon corps hurle encore à l'agonie, au manque de toi, mais je vais faire en sorte que le toi disparaisse pour ne laisser qu'elle, qu'il hurle au manque d'elle au point de me faire oublier la douleur de ton absence, parce que je veux oublier, t'oublier.Sa voix est toute petite mais bientôt, elle surpassera celle du monde.

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